Viticulteur : "un métier multi-facettes"
 

Viticulteur : "un métier multi-facettes"

par Kogito.fr pour le GIP Alfa Centre. Le 08/01/13 16:44. Localisation : 37.
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Portrait d’Angélique Léon, viticultrice à Savigny-en-Véron (37)
Rare femme à la tête d’un domaine viticole, Angélique Léon gère seule sa production de Chinon AOC. Cette ingénieure a repris l’affaire familiale en 2002. Rencontre.

Savoir valoriser et diversifier son activité

Quand on lui demande ce qui la passionne dans son activité, un mot lui suffit pour répondre : la diversité. Fille de viticulteur, Angélique Léon a repris le domaine familial il y a maintenant 10 ans. "On apprend tous les jours, aucun millésime n’est identique à un autre et nos clients représentent toutes les catégories socioprofessionnelles". A 38 ans, elle est aujourd’hui à la tête d’une exploitation de plus de 6 hectares de vignes et produit environ 15 000 bouteilles de vin par an sous l’appellation d’origine contrôlée Chinon, en rouge et en rosé. Son vignoble s’étend au sud de la Loire, au confluent de la Vienne. La viticultrice valorise sa production en développant la vente directe aux particuliers et l’exportation de ses vins en Belgique, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis… Au printemps, elle diversifie aussi son activité avec la vente directe d’asperges blanches. Parfois aidée d’un saisonnier et d’une équipe de vendangeurs, elle s’attache à pratiquer une viticulture raisonnée : sols travaillés mécaniquement, non-utilisation de désherbants chimiques et vendanges effectuées à la main. Son activité dépend pour beaucoup des aléas climatiques et de la santé de son vignoble : "Cette année, j’ai eu la chance d’être épargnée par les gelées mais ce n’est pas le cas de tous mes confrères… Je dois en revanche remplacer des ceps détruits par des champignons."

"La nécessité d’avoir plusieurs cordes à son arc"

"J’ai toujours évolué dans le milieu agricole mais je n’envisageais pas de m’installer en tant que viticultrice. Décevantes, mes premières expériences professionnelles dans les bureaux m’ont décidées à me lancer dans l’aventure." Diplômée d’un BTSA agronomie et productions végétales et d’un diplôme d’ingénieur agricole, Angélique Léon a soigneusement préparé son projet professionnel. Elle a d’abord suivi un Master Connaissance et commerce international du vin (CCIV) en Bourgogne, puis une formation à la reprise d’entreprise auprès de la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. "La technique, je l’avais. J’ai toujours aidé mes parents dans les vignes et à la cave. J’ai appris la vinification auprès de mon père et la Chambre d’agriculture m’a fourni tous les conseils et informations pour lancer mon activité." Les qualités requises pour faire un bon viticulteur ? "Etre ouvert d’esprit, savoir prendre du recul et s’informer en permanence car le métier est de plus en plus technique. Il fait appel à des compétences très différentes". Angélique Léon gère seule ses vignes, sa cave, sa clientèle, sa comptabilité… "Je touche à tout. C’est passionnant mais il ne faut pas regarder sa montre et avoir une bonne condition physique." La santé du secteur viticole ? "On ressent depuis 2 ans un tassement de l’activité. Il est nécessaire de développer l’export, la vente aux professionnels, la participation à des salons..." La viticultrice signale toutefois que "de nombreuses vignes restent à prendre suite aux départs en retraite. Le secteur a toujours besoin de main d’œuvre."

Quelques liens pour aller plus loin

Site d’Angélique Léon
BTSA Viticulture-Œnologie : une formation unique en région Centre
Sommelier : "Respecter chaque appellation et savoir conseiller"

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