Les centres de formation face au troisième confinement
 

Les centres de formation face au troisième confinement

par Kogito. Le 31/05/21 11:05.
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Suite aux nouvelles annonces gouvernementales du 31 mars, les organismes de formation ont une nouvelle fois dû s’adapter. Maintien des formations en présentiel, recherche de salles, appréhension des apprenants ou projection sur les mois à venir

"Nous avons individualisé et personnalisé les programmes"

Hassen Chébili, formateur à Tivoli Initiatives (Bourges)
« Avec l’expérience de l’année 2020, nous avons travaillé sur la meilleure façon d’accueillir les stagiaires, notamment sur le respect des règles d’hygiène avec un parcours signalétique et la mise en place de formations avec un nombre de personnes limité. Dès le 1er avril, nous avons lancé des Visas Pro numérique et des Visas 3 en 1. Nous avons limité l’accès à la salle à huit apprenants et nous avons mis en place un système d’entrées et de sorties permanentes avec des emplois du temps croisés. Certains viennent à temps partiel, d’autres à temps complet et nous nous organisons pour ne jamais dépasser les huit stagiaires. Quand cela est nécessaire, nous travaillons sur deux salles.

En réalité, nous nous adaptons au rythme des stagiaires. Nous avons individualisé et personnalisé les programmes. Cela leur permet de travailler sur les outils numériques ou les savoirs de base, en français ou en mathématiques, en fonction de leurs besoins. Nous avons pensé à la formation à distance mais nous accueillons des gens qui n’ont pas toujours d’ordinateur à la maison ou qui n’ont pas les compétences numériques nécessaires. Nous sommes face à un public qui a besoin que le formateur explique, donne des exercices… Le fait de venir en salle est très important pour eux. Après une année compliquée, c’est une sorte d’oxygénation, l’opportunité de rencontrer du monde. Cette période m’a également permis de travailler sur d’autres outils et de revoir des contenus pédagogiques. J’ai par exemple créé une bibliothèque virtuelle permettant aux stagiaires d’avoir plein d’outils sur différents domaines pour s’autoformer. Je leur ai aussi fait une boîte à outils virtuelle pour le français, en leur mentionnant des sites comme Français facile, Ortholud ou Professeur Phifix, une autre pour les mathématiques…
»

"La nécessité de trouver une nouvelle salle, plus grande et plus aérée"

Fawzi Kouache, référent formation et Visas Libres Savoirs au BGE Cher (ELS de Saint-Amand-Montrond)
« Nous avions un Visa + "Parcours vers l’emploi" qui devait démarrer en avril mais nous avons dû le reporter par manque d’apprenants. Cela n’a pas été une surprise. Ensuite, comme nous accueillons quinze stagiaires pour ce dispositif, nous avons dû trouver une nouvelle salle, plus grande et plus aérée. Les nôtres ne peuvent contenir que onze personnes avec les règles de distanciation physique. Nous avons donc commencé cette formation le 3 mai dans une salle du site La Passerelle et elle se terminera le 13 juillet. En septembre, nous ouvrirons une deuxième session. Nous avons également cinq personnes qui devraient débuter un Visa Compétences professionnelles mi-mai, après leur test de positionnement, et un Visa Anglais qui commencera le 31 mai.

Avec les problèmes de pandémie, nous avons des jauges réduites, nous allons donc faire des groupes de quatre ou cinq personnes. Pour ces Visas, nous accueillerons les apprenants dans nos locaux. En ce qui concerne les Visas Eco-citoyen, nous ne les avons pas encore commencés. Nous avons pensé à faire du tout distanciel mais le public que nous accueillons est très éloigné de l’emploi et n’est pas toujours équipé. Nous avons aussi constaté lors des tests de positionnement que certains étaient en difficulté avec l'outil numérique et n’avaient pas assez de compétences pour faire de la visio. Mais il n’y a pas d’appréhension car nous respectons les gestes barrières, nous mettons à disposition du gel hydroalcoolique, des lingettes pour nettoyer les tables, les claviers, les souris… Les stagiaires préfèrent d’ailleurs venir en présentiel, pour le lien social et pour une meilleure compréhension de la formation.
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"Tout est fait pour rassurer les apprenants"

Vincent Bouquet des Chaux, responsable administratif et financier à l’IMEP de Bourges
« J’étais prêt à mettre en place nos formations mais le nouveau confinement a tout bloqué ! Je n’avais pas anticipé ça, nous avons été pris de court. Nous dispensons des Visas 3 en 1, pour lesquels nous intervenons en Français langue étrangère et en initiation à la comptabilité, des Visas Pro numérique et des Langues pro. Ce qui représente un frein à leur mise en place, c’est que nous devons faire des tests préalables pour savoir le niveau des personnes qui nous sollicitent mais nous ne pouvons pas les faire en distanciel. Nous allons donc les contacter pour qu’elles puissent passer les tests dès que l’on aura le feu vert de notre administration pour une reprise en présentiel. Il y a des appréhensions chez certains apprenants. Tout est fait pour les rassurer et pour respecter les distanciations sociales : plexiglas, masques, désinfection et aération des salles… Nous avons aussi la chance d’avoir beaucoup de salles, suffisamment vastes pour faire travailler les stagiaires sans avoir de problème de respect des gestes barrières. »

"Unir nos compétences et nos forces pour répondre aux attentes de nos publics"

Fioyi Ayikon, directeur d’A.L.I.R.E formation
« En avril nous avons été confrontés à quelques difficultés liées à la mise en place des nouveaux dispositifs. En parallèle, nous avons dû recruter de nouveaux formateurs et trouver des salles supplémentaires afin d'avoir de l’espace et d'accueillir nos groupes dans des conditions sanitaires conformes. Le mois a été très chargé mais le démarrage des Visas + "Parcours vers l’emploi" à Blois et Romorantin, prévu le 10 mai, a été maintenu. La formation RAN/FLE, que nous réalisons en partenariat avec le Greta, était quant à elle programmée à partir du 26 avril à Blois, Vendôme et Romorantin.

Notre complémentarité sur le plan logistique et pédagogique nous a permis de démarrer ce dispositif dans les temps. Ceci est une démonstration de nos capacités à unir nos compétences et nos forces pour répondre aux attentes de nos publics. Nous avons finalement tenu le calendrier fixé, à quelques jours près. Pour l’instant nous faisons essentiellement du présentiel. Nous avons pensé à passer en distanciel mais c’est difficile : pour qu’un stagiaire suive des cours à distance, il faut qu’il soit équipé. Néanmoins, nous faisons le nécessaire pour que nos offres de formations portent tant sur la formation à distance que sur le présentiel. En attendant, nous démontrons que nos conditions d’accueil, la réalisation de nos séances et l’environnement de nos salles garantissent des conditions saines pour se former sans risque. Nous préparons déjà nos sessions de septembre 2021. Nous devons rapidement tirer les leçons de ces derniers mois, être en capacité d’improviser et d’anticiper l’avenir tant que le contexte sanitaire dans lequel nous évoluons existera.
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Libres savoirs : une politique de formation ambitieuse

Initié en 2004 par la Région Centre-Val de Loire, le dispositif Libres savoirs a pour objectif de donner à tous les citoyens de la région Centre-Val de Loire la possibilité d'acquérir un socle de connaissances fondamentales : les savoirs de base.

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