L'INSTEP et le Greta Cœur 2 Loire au diapason pour les Visas + Parcours vers l'emploi 
 

L'INSTEP et le Greta Cœur 2 Loire au diapason pour les Visas + Parcours vers l'emploi 

par Kogito. Le 01/02/21 15:27. Localisation : 28.
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Dans l'Eure-et-Loir, l'INSTEP Léo Lagrange et le Greta Cœur 2 Loire (ELS de Chartres et Dreux) ont co-construit des Visas + Parcours vers l'emploi.

C'est un partenariat qui a débuté lors du dernier trimestre 2020 : depuis le mois d'octobre, l'INSTEP Léo Lagrange et le Greta Cœur 2 Loire (ELS de Chartres et Dreux) animent ensemble des Visas + Parcours vers l'emploi dans l'Eure-et-Loir. « Les deux premières formations ont eu lieu à Châteaudun et Nogent-le-Rotrou entre le 19 octobre et le 16 décembre. Depuis le 14 décembre, nous avons débuté deux nouvelles actions : à Mainvilliers et à Dreux » détaille Caroline Ferré, responsable pédagogique à l'INSTEP Léo Lagrange. Pour chaque Visa + Parcours vers l'emploi, une équipe de quatre personnes est mobilisée : un formateur pour la remise à niveau en français et mathématiques, un formateur numérique, un conseiller en insertion professionnelle et un animateur-formateur pour le projet collectif.

 

« Il n'y a plus de formateurs INSTEP ou Greta mais des formateurs Visa + »
Caroline Ferré, responsable pédagogique à l'INSTEP Léo Lagrange

 

« Les Visas + ont été co-construits dans une logique d'échanges et d'enrichissement mutuel, précise Coralie Gaubert, conseillère en Formation continue au Greta Cœur 2 Loire. La répartition des rôles s'est faite de manière équitable : par exemple à Mainvilliers l'INSTEP est en charge du projet collectif et le Greta de la remise à niveau. C'est l'inverse à Dreux. » Pour la coordination et le partage d'informations et de documents (emplois du temps...) entre les formateurs, les deux partenaires ont notamment créé un espace d'échanges sur une plate-forme de communication collaborative. Par ailleurs, des réunions d'équipe, à distance ou en présentiel, sont organisées chaque semaine.

 

« Travailler ensemble enrichit nos pratiques »
Coralie Gaubert, conseillère en Formation continue au Greta Cœur 2 Loire

 

En moyenne, chaque Visa + organisé par les deux organismes accueille une douzaine d'apprenants. «  Pour le recrutement nous avons sollicité de nouveaux partenaires comme le Service d’accrochage et de mobilisation des invisibles (SAMI), les Restos du Cœur ou les foyers d'accueil pour capter les personnes qui ne sont pas accompagnées par les prescripteurs traditionnels (Mission Locale, Pôle emploi, Cap emploi...) » indique Coralie Gaubert. « Ce travail de réseau nous a permis d'enclencher de nouveaux partenariats » se réjouit Caroline Ferré.

Des projets collectifs imaginés et construits par les apprenants

Pour leurs Visas + Parcours vers l'emploi, l'INSTEP et le Greta ont choisi un rythme particulier : les deux premières semaines sont en effet consacrées à la cohésion de groupe et à l'élaboration du projet collectif. « Nous avons pris le parti de laisser les apprenants imaginer et construire eux-mêmes leur projet collectif. Selon nous, c'est ce qui permet une bonne adhésion des apprenants » explique Caroline Ferré. À Châteaudun, les apprenants ont par exemple décidé de créer un journal « Les débrouillards + » et, ceux de Nogent-le-Rotrou, un jeu de société sur les métiers porteurs du bassin. « Le sujet et le format sont choisis par les stagiaires néanmoins tous les projets collectifs ont comme point commun de leur faire travailler les compétences de base et transverses, de découvrir leur territoire, de leur donner confiance en eux ou de développer leur autonomie » détaille Coralie Gaubert.
 

« Le Visa est aussi une chance de combler mes lacunes et de me remettre à niveau »
Amaël, 20 ans

« C'est la Mission Locale qui m'a parlé du Visa + de Dreux. J'ai souhaité suivre cette formation afin de déterminer mon projet professionnel. Je ne sais pas ce que j'ai envie de faire et j'attends de la formation qu'elle m'aide à trouver mes qualités. Le Visa est aussi une chance de combler mes lacunes et de me remettre à niveau. J'ai arrêté l'école tôt, à 17 ans, et le peu d'acquis que j'avais ne m'a pas permis de trouver une formation ou un emploi. Je me suis retrouvé bloqué. Cette formation n'est pas comme les autres, je trouve ça très intéressant de construire nous-même notre projet. Nous allons réaliser une bande dessinée. Chacun d'entre nous va dessiner deux pages qui vont nous permettre de raconter notre histoire et de nous exprimer à notre manière. Je me sens vraiment à l'aise dans cette formation, c'est une vraie motivation pour moi. »

« Les apprenants sont plus investis quand les idées viennent d'eux »

Pour accompagner les apprenants dans ce travail de création, les deux organismes de formation ont recruté des profils de formateurs atypiques. Ainsi, sur le Visa de Dreux, Ulf Pequet est un formateur-animateur : « J'ai un parcours particulier : j'ai eu mon baccalauréat adulte, j'ai exercé beaucoup d'emplois différents et avant de travailler sur le Visa + j'étais animateur. Je pense que mon profil est une force pour répondre à la diversité des problématiques des apprenants. » Le formateur estime également qu'avoir un temps de cohésion de groupe « est indispensable pour toutes les formations. Cela permet une connaissance des autres, créé de l'entraide et facilite le travail collectif. Par exemple, en à peine une heure, les apprenants de mon groupe ont trouvé leur projet collectif, la manière de procéder et la motivation. » Un avis partagé par sa collègue de Mainvilliers, Emilie Desdouets : « Je constate un meilleur investissement quand les idées viennent du groupe. »
 

« Le Visa est une réouverture »
Thomas, 31 ans

« Il y a deux ans, quand je me suis inscrit au permis, je me sentais prêt à rentrer dans la vie active. Cela faisait 8 ans que j'étais dans le circuit psychiatrique et que je n'avais pas d'activité. C'est CAP Emploi qui m'a orienté vers le Visa + Parcours vers l'emploi. La formation c'est d'abord une réouverture pour moi. Elle me permet de faire partie d'un groupe, de partager et échanger. Le besoin de renouer avec les autres a été le déclencheur de mon rétablissement. La formation m'offre aussi l'opportunité d'apprendre à mieux me connaître et de maîtriser les outils de bureautique. Avec le Visa j'acquière également des compétences comme l'animation et la communication pour mon futur métier : je souhaite accompagner les personnes en situation de handicap au sein d'un GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle). Cette formation, qui ne débute pas par du cours, c'est pour moi le bon mode de fonctionnement pour un apprentissage collectif. Je pense qu'avec cette méthode on peut s'adapter aux besoins et particularité de chacun. »

Des activités sur mesure

Les formateurs-animateurs du projet collectif ont par ailleurs une vraie liberté dans l'organisation des activités. « J'ai par exemple invité un photographe professionnel à intervenir. Il va passer la journée avec les apprenants, parler d'image de soi et faire un shooting fun afin d'enlever le stress de l'appareil. L'idée est qu'à la fin de la journée, ils fassent des photos sérieuses et que tous les apprenants aient de belles photos pour leur CV » raconte Ulf Pequet. En parallèle, chaque apprenant rencontre une fois par semaine la conseillère en insertion professionnelle pour un entretien d'environ 30 minutes. Enfin, après les deux premières semaines, les apprenants débutent leur remise à niveau en français, mathématiques et informatique. « Le programme est individualisé. Avant le début de la formation, nous avons réalisé une évaluation CléA pour identifier les besoins des stagiaires » précise Coralie Gaubert.