Les "Cordées de la réussite" : une voie vers l’enseignement supérieur
 

Les "Cordées de la réussite" : une voie vers l’enseignement supérieur

par Kogito.fr pour le GIP Alfa Centre. Le 09/03/11 09:11.
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Une lycéenne et une étudiante témoignent
Aider les jeunes à prendre confiance en eux et en leur avenir. Voici un des objectifs des "Cordées de la réussite". Ce dispositif repose sur des partenariats entre des établissements d’enseignement supérieur, des lycées et des collèges.

De sessions de tutorat

"Au lieu de rester chez moi devant la télé ou mon ordinateur, je rencontre d’autres personnes et j’apprends des choses." Katarina est en classe de 1ere S au lycée Jean Monnet de Joué-lès-Tours. La jeune fille bénéficie des "Cordées de la réussite" depuis un an. Lancées en 2008 par l’Etat, elles ont pour objectif d’aider des élèves de quartiers prioritaires ou de zone rurale à prendre confiance en eux et à s’engager dans des études qu’ils considéraient hors de leur portée. Des établissements d’enseignement supérieur -grandes écoles, universités ou lycées à classes préparatoires- ont ainsi conclu des partenariats avec plusieurs lycées et collèges. Une des actions mise en place dans le cadre des "Cordées de la réussite" repose sur le tutorat d’élèves. A Tours, Katarina bénéficie de ce dispositif. Chaque mercredi après-midi avec quelques camarades, elle retrouve plusieurs étudiants volontaires dans les locaux de Polytech, l’école d'ingénieurs de l'Université François Rabelais. "On fait de l’anglais, des quizz de culture générale, on parle de l’actualité" explique la lycéenne. "J’apprécie le contact avec ces étudiants parce qu’ils ont presque le même âge que nous. L’ambiance est beaucoup plus détendue qu’en cours."

Apprendre autrement

Etudiante en 2e année à l’ESCEM*, Mathilde encadre un groupe de quatre élèves issus des lycées Jean Monnet, Descartes et Paul-Louis Courrier (Tours). "Ca demande un peu de temps mais j’y gagne en retour : cela me permet de garder le contact avec des lycéens, de partager mon expérience. J’ai le sentiment d’aider ces jeunes à trouver leur voie et à s’affirmer." Les lycéens sont très impliqués dans le contenu des sessions : "Nous leur demandons ce qu’ils souhaitent faire. Les sujets sont vastes, on prend le temps que l’on veut car il n’y a pas de notion de programme comme au lycée." Récemment, Mathilde et ses camarades de promotion ont fait visiter aux lycéens les locaux de leur école. Si cette découverte de l’ESCEM n’a pas convaincue Katarina de se tourner vers les métiers du management, elle lui a ouvert des perspectives : "Ca m’a permis de comprendre les études que suivent nos tuteurs, ce qu’ils apprennent et quelles sont leurs motivations. C’est beaucoup plus concret maintenant."

Introvertis hier, à l’aise aujourd’hui

Depuis qu’elle est tutrice, Mathilde note quelques évolutions dans le comportement des jeunes : "Certains étaient très introvertis au début. Je les sens beaucoup plus à l’aise, capables de participer à un débat, de défendre leurs opinions et de les argumenter." Katarina de son côté éprouvait des difficultés à l’oral : "C’est difficile de prendre la parole en classe, pour des exposés par exemple. Maintenant, je trouve ça plutôt facile." Une expérience dont Katarina a pu témoigner lors du Forum de l’Orientation de Tours en janvier dernier. La lycéenne était en effet présente sur un stand afin d’évoquer les "Cordées de la réussite" avec d’autres jeunes de son âge. "C’est important de parler des Cordées parce que beaucoup pensent que c’est du soutien. C’est bien plus que ça, et je continuerai cette activité jusqu’en Terminale !"

* ESCEM : Ecole supérieure de commerce et de management de Tours-Poitiers

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