Quand les PME transmettent leurs compétences
 

Quand les PME transmettent leurs compétences

par Scripto Sensu pour le GIP Alfa Centre. Le 05/06/13 11:28.
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Des PME s'attachent depuis plusieurs années à mettre en œuvre en interne des démarches de transmission des savoirs et des compétences. Un mouvement renforcé par l'arrivée des contrats de génération. Zoom sur les atouts de cette transmission.

Depuis 2005, l'Association régionale pour l'amélioration des conditions de travail (ARACT) accompagne les entreprises dans la transmission des savoirs et des compétences. Une méthodologie en trois actes a été mise en œuvre : repérage des compétences stratégiques, verbalisation des compétences avec les salariés expérimentés, définition d'une méthode adaptée aux contraintes de production. Cette démarche est aujourd’hui plus que jamais d’actualité avec l’arrivée du contrat de génération dont un des objectifs est de favoriser la transmission des compétences et savoir-faire de l’entreprise au jeune recruté. Dans le cadre de ce dispositif, une entreprise de moins de 300 salariés peut d’ailleurs bénéficier d’une aide financière pour faire appel à un consultant qui l’aidera à établir un diagnostic de sa situation (évolution pyramide des âges…) et à définir les actions adéquates pour bien intégrer le jeune et identifier les compétences à transmettre.

Les avantages selon les entreprises

« Le gain de temps » indique en premier lieu Isabelle Freundlieb, chargée de mission à l'ARACT. « Que la transmission des savoirs passe par l'observation ou par un travail en binôme, les entreprises forment les nouveaux embauchés à l’opérationnalité de leurs métiers selon leur culture et leurs méthodes. C’est d’autant plus important lorsque les compétences détenues par des salariés proches de la retraite ne se trouvent pas sur le marché du travail. Pour les salariés ayant une fonction de tuteur auprès des nouveaux recrutés cela favorise la reconnaissance de leur professionnalisme par la hiérarchie et leurs collègues. La transmission permet de valoriser leur métier. Pour certains, un enrichissement mutuel entre tuteur et apprenant peut aussi en découler car chacun apprend de l’autre. Des répercussions positives sont aussi souvent constatées sur le climat social et le bien-être au travail, générant moins de turnover et davantage de motivation. »

Des actions intégrées à la stratégie d'entreprise de Jérôme BTP

Chez Jérôme BTP, la formation et la transmission des savoirs et des compétences font partie des gènes de l’entreprise. Avec le soutien de la Fédération nationale des Travaux publics, l'entreprise a recours en effet à une formation de quatre jours pour ses salariés « tuteurs ». Ceux-ci bénéficient de la reconnaissance par l'employeur de la qualité de « tuteur des travaux publics » récompensée par une prime qui est ainsi attribuée chaque année à 12 personnes. À ce jour, un tiers des 170 salariés, ouvriers pour la plupart, ont suivi cette formation.

« Le tutorat est la respiration managériale de l'entreprise, mon personnel revient transformé et les comportements positifs rejaillissent sur l'ambiance d'équipe. Nos clients y sont sensibles, il y a un vrai retour sur investissement et une meilleure intégration des nouveaux embauchés » précise Jean-Claude Brossier, son dirigeant.

 

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